The day, without the noise

Bhattacharya tranche: le NIH relance ses financements scientifiques en Afrique du Sud

Un mémorandum juridique de Bhattacharya met fin à dix-sept mois de gel des subventions sud-africaines.

Jay Bhattacharya, directeur du NIH, a tranché par mémorandum: les subventions de recherche ne relèvent pas du Foreign Assistance Act, et le Congrès a expressément autorisé l'agence à nouer des collaborations scientifiques internationales. Cette détermination juridique, relayée par la revue Science, a suffi à déclencher le revirement. Les institutions de recherche sud-africaines peuvent désormais soumettre de nouveau des dossiers de financement auprès des National Institutes of Health, mettant fin à un gel de dix-sept mois qui avait contraint laboratoires, sites d'essais cliniques et universités à réduire leurs effectifs et à rétrécir des programmes construits sur plusieurs décennies. Le gel avait été enclenché en février 2025 à la suite d'un décret présidentiel ordonnant aux agences fédérales de suspendre l'aide à l'Afrique du Sud. Les pertes accumulées depuis lors sont considérables: environ 450 millions de dollars au titre de l'ensemble des coupes américaines, touchant les programmes NIH mais aussi d'autres initiatives de recherche et de santé financées par Washington. Des réductions de personnel avaient été engagées, et la fermeture ou la mise en veille de plusieurs programmes avait été sérieusement envisagée. Ce que les chercheurs identifiaient comme le risque majeur n'était pas la perte d'une subvention isolée, mais l'érosion d'une infrastructure scientifique et d'une expertise construites sur des générations. La place de l'Afrique du Sud dans la recherche clinique mondiale n'est pas anecdotique. Le pays supporte l'une des charges les plus lourdes au monde en matière de VIH et de tuberculose, dispose d'institutions établies et possède la capacité opérationnelle de mener des essais cliniques à grande échelle. Les études réalisées sur ces sites ont directement influencé les stratégies de traitement et de prévention à l'échelle internationale. Lorsque des sites de recherche sud-africains s'éteignent, les effets se propagent bien au-delà des frontières nationales. La restauration est cependant conditionnelle. Les projets menés en Afrique du Sud doivent justifier d'une rationale scientifique claire pour être conduits hors des États-Unis et doivent présenter un potentiel de production de connaissances directement pertinentes pour la santé américaine. Ils restent soumis aux procédures d'examen du NIH, à la revue du State Department et aux règles américaines encadrant les financements étrangers. Ces conditions restreignent considérablement le périmètre des travaux éligibles. Par ailleurs, les chercheurs sud-africains demeurent exclus des programmes de formation et de développement de carrière administrés par le Fogarty International Center du NIH. Cette exclusion dépasse le seul cadre sud-africain: les programmes soutenus par le Fogarty ont historiquement contribué à structurer la capacité de recherche à l'échelle du continent africain, et le maintien de cette barrière limite les perspectives des scientifiques en début de carrière bien au-delà de l'Afrique du Sud. Pour les universités, instituts et équipes qui ont perdu des subventions, des postes et de l'élan pendant ces dix-sept mois, l'enjeu est désormais celui de la reconstruction. Reconstituer un écosystème de recherche demande un temps que le gel a déjà consommé. Le revirement du NIH ouvre une voie, mais ne restaure pas la situation antérieure à février 2025. La question qui conditionnera la reprise effective est de savoir si les institutions pourront réembaucher l'expertise perdue et relancer les études interrompues avant qu'une nouvelle vague d'attrition ne rende la tâche irréversiblement plus difficile.